Je me suis lancé dans le triathlon Ironman (et j’ai survécu)

Je me suis lancé dans le triathlon Ironman (et j’ai survécu)

3h42 du matin. Mon réveil sonne. Dans 3 heures, je vais nager 3,8 km, pédaler 180 km et courir un marathon. Qu’est-ce qui m’a pris de m’inscrire à un Ironman ?

Tout a commencé par un pari stupide avec un collègue. Genre celui qu’on fait après quelques bières, persuadé qu’on oubliera le lendemain. Sauf que lui n’a pas oublié. Et moi non plus d’ailleurs (même si j’ai essayé). Six mois plus tard, on était tous les deux inscrits. Lui a abandonné au bout de 2 mois d’entraînement. Pas moi. Par fierté, par bêtise, peu importe. J’étais dedans jusqu’au cou. D’ailleurs, ça me rappelle un peu l’adrénaline que j’avais ressentie en parcourant le catalogue de Betify pour la première fois – cette sensation de se lancer dans quelque chose de nouveau sans vraiment savoir où ça mène.

L’entraînement, ce long tunnel sans fin

Franchement, je pensais que le plus dur serait la course. Grosse erreur. La natation, c’est l’enfer quand tu n’as fait que barboter à la piscine municipale pendant 30 ans. Premier entraînement en eau libre : j’ai paniqué au bout de 200 mètres. L’eau noire, pas de ligne au fond, des algues qui te touchent les pieds… Bref.

Mon planning hebdo ressemblait à ça :

Jour Matin Soir
Lundi Natation 1h
Mardi Course 12 km
Mercredi Vélo 2h
Jeudi Natation 45 min Musculation
Vendredi Course fractionnée
Samedi Sortie vélo 4-6h
Dimanche Course longue 2h+ Netflix

Les sorties vélo du samedi, parlons-en. Au début, 3 heures me paraissaient interminables. À la fin, je partais à 6h du mat’ et je rentrais vers midi, 150 bornes dans les pattes. Ma femme me prenait pour un fou. Elle avait pas tort.

Le matos, ce gouffre financier

Ah oui, petit détail que personne ne te dit : le triathlon, ça coûte un bras. Au final, c’est comme gérer son budget au casino – il faut savoir jusqu’où on peut aller pour éviter la ruine ! Voici ma facture totale (accrochez-vous) :

Vélo de route « correct » : 2 800€
Combi néoprène : 350€
Chaussures running x2 : 280€
Capteur de puissance : 600€
Montre GPS : 450€
Inscription Ironman : 750€ (oui, juste pour avoir le droit de souffrir)
Le reste (nutrition, fringues, pneus…) : facilement 1 000€

Total : plus de 6 000 balles. Pour un loisir. Voilà.

Les nouvelles règles qui changent tout

Cette année, grosse polémique dans le milieu : les lunettes connectées sont désormais interdites en compétition. Apparemment, certains utilisaient des modèles avec affichage tête haute pour avoir leurs données en temps réel. Disqualification directe si tu te fais choper.

Perso, j’ai jamais compris l’intérêt. T’as déjà ta montre, ton compteur vélo… Faut arrêter à un moment. Mais bon, chacun sa came.

Versailles 2026 : le graal français ?

Info qui vient de tomber : un Ironman aura lieu à Versailles en 2026. Au pied du château, rien que ça. La ville a voté oui, malgré quelques grincements de dents des riverains (on les comprend). Ça va être énorme. J’hésite déjà à m’inscrire. Ou pas. On verra.

Ce qui est sûr, c’est que ça va attirer du monde. Les inscriptions vont partir en 10 minutes chrono.

Le jour J : 14 heures de « plaisir »

Retour à mon réveil à 3h42. Petit-déj à base de flocons d’avoine et de stress. Arrivée sur site à 5h30. 2 000 participants qui essaient tous d’aller aux toilettes en même temps. Ambiance.

La natation s’est mieux passée que prévu. 1h18, dans mes objectifs. Le vélo par contre… Crampe au mollet droit au km 120. J’ai failli abandonner. Mais non, trop de fierté mal placée. J’ai fini les 60 derniers kilomètres en moulinant comme un grand-père.

Le marathon ? Un calvaire. Mais un calvaire qu’on traverse avec le sourire (jaune). Les bénévoles, le public, l’ambiance… C’est ce qui te porte. Et cette ligne d’arrivée, putain. « You are an Ironman! » qu’il gueule dans le micro. T’as envie de chialer. Et tu chiales.

Temps final : 13h47. Pas glorieux. Mais je m’en fous.

FAQ : les questions qu’on me pose tout le temps

C’est vraiment si dur que ça un Ironman ?

Oui et non. Physiquement, c’est gérable si tu t’entraînes sérieusement. Mentalement, c’est autre chose. Y’a des moments où ton cerveau te supplie d’arrêter. Faut juste pas l’écouter (plus facile à dire qu’à faire).

Combien de temps pour se préparer ?

Minimum 6 mois si t’as déjà une bonne base. Un an c’est mieux. J’ai pris 10 mois et j’aurais aimé avoir 2 mois de plus. Surtout pour la natation.

Tu recommencerais ?

Là maintenant ? Non. Dans 6 mois ? … Probablement. C’est une drogue ce truc.

Le plus dur : natation, vélo ou course ?

Pour moi, le vélo. 180 km sur une selle, tes fesses s’en souviennent. La course c’est dur mais au moins t’es debout. Et tu sais que c’est bientôt fini.

Voilà. Si vous hésitez à vous lancer, mon conseil : faites d’abord un triathlon courte distance. Voyez si ça vous plaît. Parce qu’un Ironman, c’est pas juste une course. C’est un mode de vie pendant presque un an. Et accessoirement, une sacrée claque dans votre compte en banque.