Comment réussir ses vlogs voyage sans se ruiner (et sans passer pour un touriste)

Comment réussir ses vlogs voyage sans se ruiner (et sans passer pour un touriste)

L’autre jour, je scrollais sur YouTube et je suis tombé sur un vlog de voyage qui m’a fait halluciner. Le mec filmait son petit-déjeuner pendant 10 minutes. DIX MINUTES. Genre le café qui coule, la tartine qui grille, le beurre qui fond… J’ai rien contre les plans esthétiques, mais là franchement.

Ça m’a fait réaliser qu’on se prend vraiment la tête pour rien avec le vlogging voyage. Entre ceux qui achètent pour 5000€ de matos avant même leur premier voyage et ceux qui filment tout et n’importe quoi, y’a un juste milieu. (D’ailleurs, c’est un peu comme ceux qui veulent tenter sa chance sur Ma Chance en misant direct le max – parfois commencer petit, c’est mieux).

Le matos : arrêtez de vous ruiner

Sérieux, le nombre de fois où on me demande « quelle caméra tu utilises ? » comme si c’était ça le secret. News flash : c’est pas la caméra qui fait le vlog.

J’ai commencé avec mon iPhone 8. Oui, un iPhone 8 en 2022. Les gens s’en foutaient de la qualité 4K HDR machin truc. Ce qui comptait, c’était l’histoire que je racontais.

Maintenant j’ai un setup un peu plus élaboré, mais rien de fou :

Matériel Prix Vraiment utile ?
DJI Pocket 2 350€ OUI (stabilisation au top)
Micro externe 60€ INDISPENSABLE
Powerbank 20000mAh 30€ Vital
Trépied flexible 25€ Pratique mais pas obligatoire

Le micro, c’est vraiment le game changer. Les gens pardonnent une image moyenne, mais un son pourri ? Impossible.

Filmer sans avoir l’air d’un touriste relou

Y’a rien de pire que le vloggeur qui parle fort à sa caméra en plein milieu d’un resto local. Genre vraiment, rien de pire.

Ma technique ? Je filme les B-rolls (les plans de coupe) discrètement, et je garde les face-cam pour les moments où je suis seul. Dans ma chambre d’hôtel, sur une plage déserte, dans une ruelle vide. Pas besoin de faire le show h24.

Et puis franchement, personne veut voir 20 minutes de toi en train de commander un café. Les meilleurs vlogs voyage, c’est ceux qui montrent l’essence du lieu, pas chaque seconde de ta journée.

Les moments à filmer (et ceux à éviter)

Filmez les galères. Vraiment. Mon vlog le plus regardé ? Celui où je me suis perdu dans les ruelles de Marrakech pendant 2h. Les gens adorent voir que tout n’est pas parfait.

Par contre, évitez de filmer :
– Les files d’attente (sauf si vraiment y’a une anecdote)
– Vos repas en entier
– Les trajets en transport (sauf paysages exceptionnels)
– Les musées (c’est chiant à regarder, désolé)

Le montage : la vraie galère

Alors là, accrochez-vous.

Pour 10 minutes de vlog final, comptez minimum 3-4h de montage. Et encore, je suis optimiste. Au début, je mettais 8h pour sortir une vidéo de 15 minutes. L’enfer.

Mes tips pour gagner du temps

D’abord, filmez moins. Sérieux. J’ai arrêté de filmer « au cas où ». Si la scène vaut pas le coup sur le moment, elle vaudra pas mieux au montage.

Ensuite, organisez vos fichiers DIRECTEMENT sur place. Chaque soir, je crée un dossier pour la journée, je renomme les clips importants. Ça prend 10 minutes et ça évite de se retrouver avec 500 fichiers « IMG_4235 » au retour.

Pour le logiciel, j’utilise DaVinci Resolve. C’est gratuit et ça fait le job. Pas la peine de craquer 50€/mois pour Premiere Pro si vous débutez.

Comment percer (spoiler : c’est pas que la qualité)

Les youtubeurs indiens cartonnent avec des vlogs filmés au smartphone. Pourquoi ? Parce qu’ils ont une personnalité, un angle, quelque chose qui les différencie.

Perso, mon truc c’est de montrer les côtés moins glamour du voyage. Les toilettes publiques craignos, les arnaques touristiques, les moments de solitude. Ça change des « BEST DAY EVER IN BALI!!! » qu’on voit partout.

Le secret pour que les gens regardent jusqu’au bout ? Racontez une histoire. Pas juste « je me lève, je mange, je visite, je dors ». Créez un fil rouge. Une quête. Un défi. N’importe quoi qui donne envie de voir la suite.

Les erreurs que j’ai faites (pour que vous les évitiez)

Vouloir tout filmer. C’est le piège classique. Tu finis avec 200 Go de rushes pour un weekend à Amsterdam et tu sais plus quoi en faire.

Négliger les miniatures. C’est con mais c’est 50% du succès d’une vidéo. Une bonne miniature = des clics. Point.

Copier les autres. Au début, je faisais du Casey Neistat du pauvre. Transitions dynamiques, musique électro, timelapses partout… Sauf que c’était pas moi. Trouvez votre style.

Le vrai coût du vlogging voyage

On va être honnête deux secondes.

Poste de dépense Budget minimum Budget confortable
Matériel de base 0€ (smartphone) 500€
Stockage (disque dur + cloud) 50€ 150€
Accessoires (cartes SD, batteries…) 30€ 100€
Logiciel montage 0€ 240€/an

Mais le vrai coût, c’est le temps. Entre filmer, transférer, monter, exporter, uploader… Comptez facilement 10h de travail pour un vlog de 15 minutes.

C’est pour ça que beaucoup abandonnent après 3 vidéos. C’est normal. C’est épuisant.

Les petits trucs qui changent tout

Filmez vertical de temps en temps. Pour les stories, les shorts, les reels. Ça prend 30 secondes et ça peut ramener du monde sur votre chaîne principale.

Investissez dans des batteries externes. Vraiment. Y’a rien de pire que de rater LE moment parce que votre téléphone est mort.

Apprenez deux trois mots dans la langue locale. Ça change tout pour les interactions filmées. Les gens sont plus détendus, plus naturels.

Et surtout, surtout : profitez du voyage. Si vous passez votre temps l’œil collé au viewfinder, vous loupez l’essentiel.

Y’a des moments où faut ranger la caméra et juste vivre le truc. Ces moments-là, gardez-les pour vous. Tout n’est pas content.